Si tu es sophrologue, naturopathe, psychopraticien, réflexologue ou praticien du bien-être, tes séances relèvent en principe des bénéfices non commerciaux (BNC) et de la Sécurité sociale des indépendants, et elles ne sont pas exonérées de TVA :
l'exonération des soins est réservée aux professions de santé réglementées.
Tant que tu restes sous le seuil de franchise (37 500 € de chiffre d'affaires en 2026 pour les services), tu ne factures pas de TVA, mais ce n'est pas grâce à ton métier, c'est grâce à ton niveau de chiffre d'affaires.
Et autant te dire que cette nuance change pas mal de choses le jour où ton activité décolle.
L'histoire d'une sophrologue qui déclarait sur la mauvaise ligne
Pendant un live de questions-réponses, une sophrologue que j'accompagne me montre son tableau de chiffres.
Et là, quelque chose cloche :
l'abattement que les impôts appliquaient sur son chiffre d'affaires n'était pas celui qu'on attendait pour son métier.
En creusant un peu, on s'est rendu compte qu'elle déclarait son activité à l'Urssaf comme des prestations commerciales (BIC) depuis le début, alors que la sophrologie relève logiquement des BNC.
Sur le moment, elle payait même un peu moins de cotisations.
Sauf que ce n'est pas une optimisation, c'est une erreur, et une erreur, ça peut se régulariser… dans les deux sens.
Ce qu'il faut bien voir, c'est que ce cas est loin d'être isolé.
Dans le bien-être, les métiers sont récents, les codes d'activité ne correspondent pas toujours à ce qu'on fait, et beaucoup de praticiens cochent une case au hasard au moment de la création, puis n'y pensent plus jamais.
BNC ou BIC : dans quelle catégorie est un praticien bien-être ?
La règle à garder en tête est assez simple :
quand tu vends ton savoir, ton écoute, ton accompagnement, tu es sur une activité libérale, donc en BNC.
C'est le cas de la sophrologie, de la naturopathie quand elle consiste en du conseil, du coaching bien-être, de la psychopratique, des ateliers où tu transmets une méthode.
En micro-entreprise, les impôts considèrent alors que tes charges représentent 34 % de ton chiffre d'affaires (c'est l'abattement forfaitaire), et tu paies des cotisations sur la base d'un taux de 25,6 % en 2026.
Là où ça se complique, c'est quand ton activité mélange plusieurs choses.
Je pense à une naturopathe qui faisait à la fois des consultations de conseil et des séances de massage.
Les deux ne se déclarent pas de la même manière :
le conseil reste en BNC, alors que le massage, où c'est toi qui manipules la personne, est en général rattaché aux prestations commerciales (BIC), avec un abattement de 50 % et un taux de cotisations de 21,2 % en 2026.
Elle déclarait tout en BNC depuis des années.
Entre l'écart de cotisations et l'écart d'abattement pour l'impôt, il y avait potentiellement de l'argent à récupérer auprès de l'Urssaf et des impôts, et tout dépendait de la part de son chiffre d'affaires qui venait des massages.
Si tu te reconnais dans un de ces deux cas, c'est exactement le genre de vérification qu'on fait au démarrage d'Optimic, avant même de parler optimisation.
Est-ce qu'un sophrologue ou un naturopathe doit facturer la TVA ?
C'est LA question que je reçois le plus de la part des praticiens du bien-être, souvent avec cette phrase :
« Mais une collègue m'a dit qu'on était exonérés, comme les soins. »
Non, et la doctrine fiscale est très claire là-dessus.
L'exonération de TVA prévue pour les soins à la personne ne concerne que les professions médicales et paramédicales réglementées par le code de la santé publique (médecins, sages-femmes, infirmiers, kinés…), ainsi que les praticiens autorisés à porter certains titres protégés : ostéopathe, chiropracteur, psychologue, psychothérapeute.
Et l'administration cite noir sur blanc les professions qui n'y ont pas droit, parmi lesquelles le sophrologue, le naturothérapeute, l'iridologue ou l'étiopathe, sauf lorsqu'elles sont exercées par un docteur en médecine.
Pour le psychopraticien, c'est la même logique :
sans le titre de psychothérapeute ou de psychologue, pas d'exonération.
Concrètement, ça veut dire que tes séances sont des prestations soumises à TVA.
Tant que ton chiffre d'affaires reste sous le seuil de la franchise en base, tu ne la factures pas.
Le jour où tu dépasses, tu deviens redevable de la TVA comme n'importe quel prestataire de services, et c'est là que le choc arrive pour beaucoup.
Je le rappelle parce que ça bloque souvent :
la TVA n'est pas un coût pour toi, c'est un impôt payé par ton client final, que tu collectes et que tu reverses.
Le vrai sujet, c'est que ta clientèle est souvent composée de particuliers, qui ne récupèrent pas la TVA, et que tu dois réfléchir à ton prix avant d'y être plutôt qu'après.
J'en parle en détail dans mon article sur la peur de dépasser le seuil de TVA.
Quels sont les seuils à surveiller en 2026 ?
Pour une activité de prestations de services, en 2026 :
37 500 € de chiffre d'affaires sur l'année précédente pour la franchise en base de TVA, et 41 250 € sur l'année en cours (au-delà, la TVA s'applique dès le dépassement) ;
83 600 € de chiffre d'affaires pour rester au régime micro-entreprise, que tu sois en BNC ou en BIC.
Tu vois l'écart entre les deux ?
Beaucoup de praticiens pensent qu'ils sont tranquilles « tant qu'ils sont en micro », alors que le seuil de TVA tombe bien avant le plafond de la micro.
Cipav ou Sécurité sociale des indépendants : à quelle caisse de retraite dépend un praticien bien-être ?
Là encore, tout dépend de ton titre.
La Cipav ne regroupe qu'une liste précise de professions libérales réglementées.
Dans le domaine du soin et de l'accompagnement, on y trouve les ostéopathes, psychologues, psychothérapeutes, ergothérapeutes, diététiciens, chiropracteurs et psychomotriciens.
Le micro-entrepreneur qui relève de la Cipav cotise à un taux de 23,2 % en 2026.
Si tu es sophrologue, naturopathe, réflexologue, praticien en hypnose ou psychopraticien sans titre réglementé, tu n'es pas dans cette liste :
tu relèves de la Sécurité sociale des indépendants, au taux de 25,6 % en 2026 pour une activité libérale non réglementée.
Ce qui est important, c'est de vérifier que ce qui est écrit sur ton espace Urssaf correspond bien à ta réalité, parce que c'est ce qui détermine ton taux, ta retraite et tes droits.
Quelles charges typiques pour un praticien bien-être ?
En micro-entreprise, tu ne déduis pas tes vraies dépenses, c'est l'abattement forfaitaire qui joue ce rôle.
Le problème, c'est que dans le bien-être, les charges réelles peuvent vite grimper :
la location d'un cabinet ou d'une salle, parfois quelques heures par semaine ;
les formations continues et les supervisions, qui coûtent souvent cher ;
l'assurance responsabilité civile professionnelle ;
le matériel (table de massage, huiles, instruments de sonothérapie…) ;
les outils de prise de rendez-vous et le site internet.
Et en BNC, l'abattement n'est que de 34 %, alors qu'une bonne partie de cette enveloppe est déjà censée couvrir… tes cotisations.
Je vois régulièrement des praticiens qui, entre le cabinet et les formations, ont des charges réelles bien au-delà de ce que le forfait leur accorde.
Quels sont les pièges les plus fréquents ?
Les trois que je croise le plus souvent :
Croire qu'on est exonéré de TVA parce qu'on « fait du soin ». C'est le piège le plus coûteux, parce qu'il se découvre souvent au moment du dépassement de seuil, voire lors d'un contrôle.
Déclarer sur la mauvaise ligne à l'Urssaf, en BIC au lieu de BNC ou l'inverse, ou tout mettre dans la même case alors que l'activité est mixte.
Décrire son activité de manière trop étroite à la création. Si tu passes de la psychopratique au coaching ou à des ateliers, il faut vérifier que ce que tu fais est toujours couvert par l'activité déclarée, et par ton assurance.
Quand penser au régime réel ou à la société ?
Il n'y a pas de chiffre magique.
Le bon moment, c'est quand tes charges réelles dépassent nettement ce que la micro t'accorde au forfait :
un cabinet à l'année, un gros investissement en formation, du matériel coûteux.
Dans ce cas, passer au régime réel, en entreprise individuelle ou en société, peut te permettre de payer tes cotisations et ton impôt sur ce que ton activité dégage vraiment.
Mais ce n'est pas automatique, et je te détaille les signaux dans mon article micro-entreprise ou société.
Pour voir comment je travaille avec les praticiens de ton domaine, tu peux aussi jeter un œil à la page dédiée au bien-être.
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Pour aller plus loin
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Questions fréquentes
Un sophrologue est-il exonéré de TVA ?
Non. L'exonération de TVA des soins ne vise que les professions médicales et paramédicales réglementées et certains titres protégés (ostéopathe, chiropracteur, psychologue, psychothérapeute). La doctrine fiscale cite expressément le sophrologue parmi les professions qui n'en bénéficient pas, sauf s'il est docteur en médecine. Il peut en revanche profiter de la franchise en base tant qu'il reste sous les seuils.
Un naturopathe est-il en BNC ou en BIC ?
Les consultations de conseil en naturopathie relèvent en principe des BNC. Si tu proposes aussi des massages, cette partie de l'activité est en général rattachée aux prestations commerciales (BIC). Les deux ne se déclarent pas sur la même ligne à l'Urssaf et n'ont ni le même abattement ni le même taux de cotisations.
Un praticien bien-être dépend-il de la Cipav ?
Seulement s'il exerce une profession de la liste Cipav, comme ostéopathe, psychologue, psychothérapeute, diététicien ou chiropracteur. Les sophrologues, naturopathes, réflexologues ou psychopraticiens sans titre réglementé relèvent de la Sécurité sociale des indépendants, avec un taux de 25,6 % en micro-entreprise en 2026.
À partir de quel chiffre d'affaires un praticien bien-être doit-il facturer la TVA ?
En 2026, dès que son chiffre d'affaires dépasse 37 500 € sur l'année précédente, ou 41 250 € en cours d'année. Ce seuil est bien plus bas que le plafond de la micro-entreprise (83 600 €), et il peut être atteint alors que tu es toujours micro-entrepreneur.
Que faire si je me suis trompé de catégorie à l'Urssaf ?
Une erreur de catégorie peut se régulariser, et selon le sens de l'erreur, elle peut donner lieu à un remboursement de cotisations ou à un rappel. Le plus important est de la repérer tôt et de mesurer son impact sur tes cotisations et ton impôt avant de corriger.
Sources officielles
BOFiP, BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10 (professions médicales et paramédicales, § 1, § 100 à 210, version du 09/04/2025) : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/1139-PGP.html
Code général des impôts, article 261 (opérations exonérées, 4-1°) : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042909959/
Service-public.gouv.fr (Entreprendre), « Cotisations sociales d'un micro-entrepreneur : ce qu'il faut savoir » (taux 2026, liste des professions relevant de la Cipav, vérifié le 01/01/2026) : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F36232
Service-public.gouv.fr (Entreprendre), « Régime fiscal de la micro-entreprise » (plafonds et abattements, vérifié le 13/05/2026) : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F23267
Service-public.gouv.fr (Entreprendre), « Franchise en base de TVA » (seuils 2026) : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F21746

Amélie Richard
Experte en finance et fondatrice de business émoi


