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Devenir indépendant après le salariat : mon histoire, de DAF remerciée à fondatrice de business émoi
Devenir indépendant après le salariat : mon histoire, de DAF remerciée à fondatrice de business émoi
Par Amélie Richard, experte en finance des indépendants et autrice du Mini-précis Micro-entreprise (éditions Nathan)
Créer son entreprise

Devenir indépendant après le salariat, c'est rarement un coup de tête.
C'est souvent une accumulation, le sentiment de ne plus être à sa place, et puis un déclic qu'on n'a pas forcément choisi.
Moi, ce déclic, je l'ai eu en pleine présentation de bilan.
Et ce qu'il faut bien voir, c'est qu'après quinze ans de comptabilité et de finance, je pensais savoir exactement où je mettais les pieds en me lançant.
Je me trompais.
Je te raconte.
D'où vient mon envie d'entreprendre ?
J'ai grandi dans une famille d'entrepreneurs.
Vers mes dix ans, mon papa a créé son entreprise, littéralement dans le garage, dans un domaine d'ingénierie qui n'avait rien à voir avec la finance, et ma maman l'a rejoint comme comptable.
Je me souviens encore de moi, petite, assise par terre dans son bureau à trier les factures par ordre alphabétique.
J'avais six ou sept ans, tu vois le genre.
L'entreprise de mes parents a connu des hauts incroyables et des moments très compliqués.
C'est là que j'ai compris une chose qui ne m'a jamais quittée :
quand tu es à la tête d'une entreprise, tu es aussi responsable de la sécurité de ta famille.
Douze ans en cabinet, trois ans de direction financière
J'ai commencé à travailler en septembre 2006, en alternance, dans un cabinet d'expertise comptable.
J'y suis restée douze ans, d'abord en Isère, puis à Aix-en-Provence dans un grand cabinet international, où j'ai monté les échelons et formé une petite équipe.
Quand je restituais un bilan, je ne me contentais pas de tendre la liasse, j'aimais expliquer à mes clients où ils en étaient vraiment.
Mais l'humain, lui, passait souvent après la rentabilité.
Quand mon fils est né, finir à 18 h 15 avec l'impression de partir comme une voleuse, faire trois quarts d'heure de route et arriver pour le bain, ça m'a fait réfléchir.
Je suis passée de l'autre côté, comme directrice administrative et financière d'un éditeur de logiciels, pendant trois ans.
Remerciée en pleine présentation de bilan
Et puis il y a eu ce jour-là.
J'étais en train de présenter le bilan quand j'ai compris qu'on voulait se séparer de moi.
On voulait me licencier, et j'ai demandé une rupture conventionnelle pour partir proprement.
Sur le moment, c'est violent, je ne vais pas te dire le contraire.
Et tu sais ce que j'ai appris deux ans plus tard ?
Que tout était parti d'un simple like sur la publication LinkedIn d'un ancien collègue.
Autant te dire que ce jour-là, j'ai mesuré à quel point un salarié peut dépendre d'une seule personne.
Toutes ces années de travail, et il a suffi d'un clic pour que tout s'arrête.
Avec le recul, c'est pourtant le plus beau coup de pouce qu'on m'ait donné.
J'avais un jeune enfant, une sécurité financière grâce à France Travail, et une envie énorme de créer quelque chose d'utile, à ma façon, avec de la bienveillance et de la pédagogie.
En 2021, je me suis mise à mon compte.
Devenir indépendante : ce que je n'avais pas vu venir
Tu vas rire.
Je me suis retrouvée devant le formulaire de création de ma micro-entreprise sans savoir ce qu'était le versement libératoire.
En cabinet, je n'accompagnais que des sociétés, et le monde de la micro, je ne le connaissais pas.
Autant te dire que je me suis plantée la première année.
Et je me suis dit :
si moi, avec tout mon parcours, j'hésite devant ces cases, qu'est-ce que c'est pour toutes les personnes dont ce n'est pas du tout le métier ?
Le jour où un client m'a posé une question toute simple
Au début, je partageais simplement des conseils de gestion sur Instagram, et les premiers clients sont arrivés par le bouche-à-oreille.
Et puis un client m'a demandé :
« Mon activité marche bien, je vais bientôt dépasser le plafond de la micro. C'est quoi, le mieux pour moi ? »
Je me suis plongée dans sa situation, et les écarts m'ont scotchée.
À chiffre d'affaires égal, ce qui lui restait réellement en poche pouvait varier de plusieurs milliers d'euros par an selon les choix qu'il faisait.
Et en cabinet, on ne regardait jamais ça.
Un client voulait une EURL, on créait une EURL, sans se demander si sa situation familiale ou ses charges rendaient un autre choix plus intéressant.
C'est de cette question qu'est né Optimic.
Aujourd'hui, les membres d'Optimic constatent en moyenne plus de 41 000 € de gains sur cinq ans, et je suis la première étonnée quand je vois ces chiffres.
Ce que ça coûte, de décider au feeling
Ce que je vois depuis cinq ans, c'est toujours la même histoire.
On se lance pour exercer son métier, on coche les cases de la création parce qu'on doit bien répondre quelque chose, et on n'y revient plus.
Sauf que ces décisions-là pèsent sur ton revenu pendant des années :
ton statut, tes options fiscales, la façon dont tu déclares à l'URSSAF.
Et personne ne t'écrit pour te dire qu'un autre choix t'aurait laissé plus d'argent.
Dans Optimic, je le vois tout le temps.
Des membres se sont aperçus, parfois après plusieurs années, qu'ils ne déclaraient pas dans la bonne catégorie, car entre BIC ou BNC on a toujours un doute.
Le chiffre d'affaires nourrit l'ego, mais ce qui compte, c'est ce qu'il te reste à la fin.
J'en parle d'ailleurs dans l'article sur les indicateurs financiers pour piloter ton activité.
Pourquoi c'est si facile de passer à côté ?
Parce qu'en quittant le salariat, tu as la tête dans tout le reste :
trouver tes premiers clients, te montrer, vendre, gérer les montagnes russes émotionnelles.
J'ai d'ailleurs appelé ma marque business émoi pour ça, parce que le doute, la peur de se tromper et la joie d'un premier gros contrat font partie du quotidien.
Et au milieu de tout ça, les chiffres passent au second plan.
Tant que ça rentre, on se dit que ça va.
C'est ce que j'ai vécu, moi aussi, alors que c'était mon métier.
C'est aussi pour ça qu'aujourd'hui, dans INDay, je retrouve chaque mois en live celles et ceux qui se lancent, avec toutes les questions qu'ils n'osent poser nulle part ailleurs.
Je raconte d'ailleurs les erreurs qu'on fait en créant son entreprise dans un autre article.
Les questions que tu ne t'es peut-être jamais posées
Si tu viens de te lancer, ou si tu y penses, prends deux minutes avec ces questions :
est-ce que je sais combien il me restera vraiment en poche, une fois tout payé ?
est-ce que j'ai choisi mon statut, ou est-ce que je l'ai pris parce que c'était le plus simple ?
est-ce que je sais ce que chaque case cochée à la création change pour mon revenu ?
est-ce que je dépends, moi aussi, d'une seule personne ou d'un seul client ?
Si tu as hésité sur l'une d'elles, c'est normal, et c'est exactement là que tout commence.
Tu n'as pas besoin de tout savoir avant de te lancer
Cinq ans plus tard, j'ai formé plus de 1 547 indépendants, nous sommes plus de 83 000 sur Instagram, et j'ai eu la joie d'écrire pour les éditions Nathan le Mini-précis Micro-entreprise, le petit guide que j'aurais rêvé d'avoir devant mon formulaire de création.
Je ne vais pas te mentir, j'ai le sentiment d'être exactement à ma place.
Le garage de mon papa, les factures triées par terre, les années de cabinet, ce départ forcé, tout ça devait m'amener jusqu'ici.
Et si j'ai pu me tromper sur ces fameuses cases, tu as le droit de ne pas tout savoir non plus.
Tu n'es pas seul ou seule, et c'est possible de reprendre la main sur tes chiffres.
Tu veux savoir ce que tes choix te laissent vraiment ?
Dans Optimic, on pose ensemble toute ta situation pour savoir si ton statut et tes options fiscales sont ceux qui te laissent le meilleur revenu.
C'est ce travail-là qui a tout déclenché pour moi, appliqué à tes chiffres à toi.

Amélie Richard
Experte en finance et fondatrice de business émoi

