Créer son entreprise en 2026, on imagine que ça commence par le choix du statut.
En réalité, tout commence bien avant :
la date à laquelle tu t'immatricules, une aide qui n'arrive plus toute seule, un impôt local que personne n'attend, et des cases à cocher qui ont l'air anodines.
Et ce qu'il faut bien voir, c'est que chacune de ces petites décisions peut peser sur ton revenu pendant des années.
« Mais c'est quoi, ce truc ? »
Quand j'ai créé ma micro-entreprise en 2021, j'avais pourtant quinze ans de comptabilité et de finance derrière moi.
Et je me suis retrouvée devant le formulaire, face à une case « versement libératoire », en me disant :
mais c'est quoi, ce truc ?
Je suis allée me renseigner, bien sûr.
Mais je me suis demandé ce que ça devait être pour toutes les personnes dont ce n'est pas le métier.
C'est d'ailleurs cette question qui m'a poussée à écrire le Mini-précis Micro-entreprise pour les éditions Nathan.
Aujourd'hui, chaque mois, je retrouve les créateurs et créatrices d'INDay en live pour répondre à leurs questions.
Et autant te dire que ce sont toujours les mêmes erreurs qui reviennent.
L'argent qu'on laisse sur la table sans le savoir
En live INDay, j'ai vu deux personnes créer à quelques semaines d'écart.
L'une a fait sa demande d'aide tout de suite.
L'autre a attendu un courrier qui n'est jamais venu, en pensant que c'était automatique, comme avant.
Une aide oubliée, c'est de l'argent qui ne reviendra pas.
J'ai aussi échangé avec une personne qui voulait s'immatriculer en août alors que ses premiers clients n'arrivaient que fin septembre.
Elle était pressée de « commencer pour de vrai ».
Sauf que certains avantages du démarrage sont limités dans le temps, et qu'on peut les consommer pour rien.
Et puis il y a les histoires qui font froid dans le dos.
J'ai accompagné des artisanes qui avaient plusieurs dizaines de milliers d'euros de stock chez elles, sans aucune assurance.
Un incendie, et tout leur projet partait en fumée.
Créer son entreprise en 2026 : les chiffres à avoir en tête
L'ACRE n'est plus automatique.
Jusqu'au 31 décembre 2025, elle était accordée automatiquement à beaucoup de créateurs.
Depuis le 1er janvier 2026, elle n'arrive plus toute seule.
Pour un micro-entrepreneur, elle ramène les cotisations à 75 % du taux normal pendant les premiers trimestres.
Et plusieurs membres d'INDay se sont aperçus en live qu'ils ne savaient pas du tout s'ils y avaient droit, ni comment s'y prendre, parce qu'avec cette aide on a toujours un doute sur qui est concerné.
La CFE, l'impôt local que personne n'attend.
Elle tombe en fin d'année, et beaucoup de créateurs découvrent son existence avec l'avis.
En live INDay, c'est souvent là que des créateurs s'aperçoivent que des détails du démarrage auxquels ils n'avaient pas prêté attention changent beaucoup de choses, et que personne ne le leur avait dit.
La micro-entreprise ne regarde pas tes vraies charges.
L'administration applique un abattement forfaitaire :
34 % pour une activité libérale (BNC), 50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, 71 % pour la vente de marchandises.
Les plafonds pour les revenus 2026 sont de 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales, et de 203 100 € pour la vente.
Le versement libératoire se choisit vite.
À la création, la case arrive dans le formulaire, on la coche ou pas en quelques secondes, et des membres d'INDay se sont aperçus après coup qu'ils ne savaient pas du tout si elle était faite pour eux, car avec cette option on a toujours un doute.
La TVA a ses seuils.
En 2026, la franchise en base s'applique jusqu'à 37 500 € de chiffre d'affaires pour les prestations de services et 85 000 € pour la vente.
Au-delà, tu factures la TVA, que tu collectes pour la reverser : ce n'est pas un coût pour toi, c'est un impôt payé par le client final.
La facture électronique arrive.
Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques, et l'émission deviendra obligatoire pour les micro-entreprises et les PME au 1er septembre 2027.
Pourquoi c'est si facile de se tromper au départ ?
Parce qu'au moment de créer, on a la tête dans son projet, pas dans l'administratif.
On veut trouver ses premiers clients, faire son logo, lancer son site.
Les formulaires, on les remplit vite, pour s'en débarrasser.
Et parce qu'on choisit souvent son statut sur le conseil du copain qui s'est mis en SASU, ou d'une vidéo vue en passant.
Sauf que ce qui convient au copain ne convient pas forcément à toi, et que ta situation, personne d'autre que toi ne l'a sous les yeux.
D'ailleurs, des membres d'Optimic se sont aperçus des années après leur création qu'ils ne déclaraient pas dans la bonne catégorie, car entre BIC ou BNC on a toujours un doute.
Enfin, parce que les règles bougent.
Ce qui était vrai pour la personne qui a créé il y a deux ans ne l'est plus forcément pour toi.
L'ACRE en est le meilleur exemple.
Les questions que tu ne t'es peut-être jamais posées
Est-ce que je sais combien de mois je peux tenir avant que mon activité me fasse vivre ?
Est-ce que je connais toutes les aides auxquelles j'aurais droit, et leurs dates limites ?
Est-ce que la date à laquelle je m'immatricule a un impact sur ce que je vais payer ?
Est-ce que mes charges réelles seront plus lourdes que ce que la micro-entreprise suppose ?
Est-ce que je sais pourquoi je coche, ou pas, le versement libératoire ?
Est-ce que mon assurance couvre vraiment mon activité, mon matériel et mon stock ?
Si tu as hésité sur une seule, c'est normal :
personne ne t'a appris ça.
Mais c'est exactement le moment de se les poser, avant que les cases soient cochées.
Rien n'est irréparable, mais tout est plus simple au départ
Mon propre regard sur les statuts a beaucoup changé avec les années, au rythme des règles et des situations que j'ai accompagnées.
Comme quoi, les bonnes réponses d'hier ne sont pas forcément celles d'aujourd'hui.
Ce que je vois chez les créateurs d'INDay, c'est un énorme soulagement le jour où ils comprennent enfin pourquoi ils cochent chaque case.
On ne crée pas son entreprise dans la peur, on la crée en sachant où on va.
Si tu hésites déjà sur le statut, je t'en parle dans micro-entreprise ou société, et pour la case du versement libératoire, dans la règle du 30 septembre.
Te lancer sans te tromper de chemin
INDay, c'est ton parcours de création pas à pas, avec tes chiffres à toi, et des lives chaque mois pour poser tes questions.
Tu te lances en sachant exactement pourquoi tu as coché chaque case, et sans laisser d'argent sur la table dès le départ.





