Augmenter ton salaire en micro-entreprise, ça ne dépend pas que de ton chiffre d'affaires.
Ça dépend aussi de trois réglages faits souvent à la va-vite à la création, et que presque personne ne revérifie ensuite :
le versement libératoire, la ligne sur laquelle tu déclares à l'URSSAF, et le régime fiscal.
Quand ils ne te correspondent plus, l'argent part chaque mois, en silence, et personne ne vient te le dire.
« En micro, il n'y a rien à optimiser »
Quand tu étais salarié ou salariée, tu voyais ton net arriver sur ton compte, et basta.
Les cotisations, tu ne les voyais jamais passer.
En micro-entreprise, c'est l'inverse.
Le prélèvement URSSAF tombe sur ton compte tous les mois ou tous les trimestres, et autant te dire qu'on en prend conscience très vite.
Et puis il y a cette petite phrase qu'on entend partout :
« en micro, il n'y a rien à optimiser, tu paies un pourcentage et c'est tout ».
Ce qu'il faut bien voir, c'est que c'est faux, et je l'ai vécu moi-même.
Quand j'ai créé ma micro-entreprise en 2021, avec pourtant 12 ans de cabinet d'expertise comptable derrière moi, on m'a demandé si je voulais « opter pour le versement libératoire ».
Et je me suis dit :
mais c'est quoi, ce truc ?
Si moi je ne savais pas quoi répondre, je n'osais même pas imaginer quelqu'un qui n'a jamais mis les pieds dans le monde de la finance.
Les histoires que personne ne raconte
Je pense à une indépendante qui avait coché le versement libératoire à la création, et qui n'y avait plus jamais repensé.
Elle a continué à payer son impôt via l'URSSAF pendant des années alors qu'elle n'y avait plus droit.
Un jour, un contrôle fiscal, et 16 000 € à régulariser.
Elle n'avait pas voulu tricher, elle n'avait juste jamais été prévenue.
Je pense aussi à une praticienne que j'ai accompagnée récemment.
Elle avait suivi des formations à son installation, elle faisait tout sérieusement, et pourtant elle déclarait son chiffre d'affaires sur la mauvaise ligne depuis le premier jour, simplement parce que personne ne lui avait expliqué la nuance.
Une fois la situation corrigée, elle a obtenu un remboursement de 2 500 € de cotisations URSSAF.
Et l'inverse existe aussi, ce qui est plus inquiétant :
déclarer sur une ligne qui ne correspond pas à ton activité, c'est un redressement qui t'attend en cas de contrôle.
Ce que ça représente, sur une année ou sur cinq
Voilà quelques situations réelles vues ces derniers mois chez des membres d'Optimic, à chaque fois sans un euro de chiffre d'affaires en plus :
une thérapeute autour de 20 000 à 25 000 € de chiffre d'affaires, en pleine phase de formation, qui passait à côté d'environ 9 200 € de revenu par an ;
une activité de média à 50 000 € de chiffre d'affaires, en phase d'investissement, avec près de 13 000 € par an qui lui échappaient ;
un consultant à environ 5 800 € par an, soit 29 000 € sur cinq ans, presque une année sabbatique.
Ces personnes ne travaillaient pas mal, elles laissaient juste filer de l'argent depuis des années, sans le savoir.
Et le jour où on l'a vu ensemble, il y a eu un silence, puis un grand sourire.
Salaire en micro-entreprise : les chiffres 2026 à avoir en tête
Le versement libératoire fait partir ton impôt sur le revenu avec tes cotisations, en pourcentage de ton chiffre d'affaires.
En 2026, c'est 1 % pour la vente de marchandises et l'hébergement, 1,7 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales et 2,2 % pour les activités libérales.
Il existe un plafond de revenus de 29 315 € par part pour l'option 2026, et de 29 579 € par part pour l'option 2027, avec une date butoir au 30 septembre pour l'année suivante.
Les taux de cotisations URSSAF, en 2026 :
12,3 % pour la vente, 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, 25,6 % pour les activités libérales non réglementées et 23,2 % pour les professions libérales qui relèvent de la Cipav.
Entre 21,2 % et 25,6 %, autant te dire que la ligne sur laquelle tu déclares n'a rien d'un détail.
L'abattement forfaitaire de la micro :
71 % en vente, 50 % en prestations de services commerciales ou artisanales, 34 % en activité libérale, et il est censé couvrir toutes tes charges, cotisations URSSAF comprises.
Derrière chacun de ces chiffres, il y a une case à cocher ou une ligne à choisir, et on a toujours un doute.
Des clients membres d'Optimic se sont finalement aperçus qu'ils ne déclaraient pas dans la bonne catégorie, car entre BIC ou BNC, entre un soin, un conseil ou quelques produits vendus à côté, on n'est jamais complètement sûr de soi.
Pourquoi c'est si facile de passer à côté ?
Parce que ces trois réglages, tu les choisis une fois, souvent au tout début, à un moment où tu as mille autres choses en tête, et ensuite plus rien ne te rappelle de les regarder.
Ta situation, elle, bouge même quand ton chiffre d'affaires ne bouge pas :
ton revenu fiscal change, ton foyer change, une année tu investis et l'année suivante tu récoltes, et les règles évoluent aussi (les taux URSSAF des libéraux ont encore augmenté récemment).
En live, les membres d'Optimic me le disent souvent :
« j'ai choisi ma ligne à la création, et je n'y ai plus jamais repensé ».
C'est aussi pour ça que j'ai écrit « Micro-entreprise, Mini-précis », pour qu'on ne crée plus sa micro sans comprendre les cases qu'on coche.
En 2023, une personne de ma famille m'a demandé quoi faire en approchant des seuils, et j'ai fait un truc qu'on ne fait jamais en cabinet :
j'ai regardé son revenu net dans chaque option.
Quand j'ai vu les écarts, c'était juste hallucinant.
Les questions que tu ne t'es peut-être jamais posées
est-ce que j'ai vérifié, cette année, que j'ai toujours droit au versement libératoire ?
est-ce que je sais si cette option me fait payer plus ou moins que sans ?
est-ce que je suis certain ou certaine de déclarer mon chiffre d'affaires dans la bonne catégorie ?
si je vends aussi des produits, est-ce que je sais où ils se déclarent ?
est-ce que l'abattement de la micro couvre vraiment toutes mes dépenses, cotisations comprises ?
depuis ma création, est-ce que quelqu'un a déjà regardé ces trois points avec moi ?
Si une seule de ces questions te fait hésiter, il y a sans doute de l'argent qui dort dans ton entreprise.
Pour creuser le premier sujet, j'ai écrit un article sur le versement libératoire et la date du 30 septembre.
Et si tu as plutôt l'impression de travailler toujours plus sans que ça se voie sur ton compte, l'article micro-entreprise : tu travailles toujours plus, mais ton revenu n'augmente pas ? prend un autre angle.
Ce n'est pas de ta faute
Ce que je vois chez mes clients, c'est qu'il y a de l'argent qui dort dans leur entreprise, et que personne ne leur en a jamais parlé.
Ce sont des personnes sérieuses, qui font bien leur métier, et à qui on a simplement demandé de cocher des cases sans leur expliquer ce qui se jouait derrière.
Rassure-toi, tu n'es pas seul ou seule dans ce cas, et ça se rattrape très bien quand on prend le temps de regarder.
Et toi, combien tu laisses filer ?
Dans Optimic, on pose ensemble tes chiffres, ton foyer et ton activité pour voir ce que chacun de ces réglages te coûte ou te rapporte aujourd'hui.
Tu repars avec tes chiffres à toi et un accompagnement chaque mois pour avancer sans te tromper.





